Les apéros géants
L’avis du Dr Pauline de Vaux, psychiatre et addictologue
07/07/2010

Depuis plusieurs mois, les apéros géants, ces fêtes alcoolisées dont les invitations circulent sur le réseau Facebook, et qui réunissent parfois des milliers de personnes, se multiplient un peu partout en France. Un phénomène à rapprocher du binge drinking, ou cuite express, la consommation sur la voie publique de grandes quantités d’alcool sur une courte période de temps, par épisodes ponctuels ou répétés, qui tend à se multiplier chez les adolescents.
En réaction, le ministre de la Jeunesse Marc-Philippe Daubresse a annoncé fin mai la création d'une cellule capable en trois jours « d'organiser un système de prévention et d'organisation pour limiter au maximum les risques liés à ce nouveau phénomène de société. » Un groupe de travail devra faire également des propositions pour lutter contre l'alcoolisation excessive.
Que pense-t-on, à la Fondation d’Auteuil, de ce phénomène ? Quelles sont les mises en garde à faire auprès des jeunes ? Réponse du docteur Pauline de Vaux, médecin addictologue rattaché de la direction de l’activité de la Fondation d'Auteuil
« Vouloir se retrouver avec d’autres pour faire la fête n’est pas d’emblée condamnable, et témoigne même plutôt d’une bonne santé psychique. Pour autant, tout n’est pas acceptable. Même si la consommation d’alcool relève de la responsabilité individuelle de chacun, je ne peux pas m’empêcher de mettre en garde les jeunes accueillis à la Fondation d’Auteuil, et notamment les jeunes filles, sur les conséquences néfastes graves de plusieurs ordres qu’induit l’abus de consommation d’alcool.
L’alcool est un produit psycho actif, c’est-à-dire qu’il agit sur le fonctionnement du cerveau : il modifie la conscience et les perceptions, et donc les comportements. Des effets immédiats se manifestent quelques minutes après la consommation et peuvent durer plusieurs heures. Pris à forte dose, l’alcool provoque l’ivresse : mauvaise coordination des mouvements, élocution troublée, diminution des réflexes et de la vigilance, somnolence, etc. Des pertes de mémoire, délires et hallucinations, peuvent également survenir. À très forte dose, la somnolence peut aller jusqu’au coma éthylique. L’alcool a aussi des effets à long terme sur différents organes, avec une augmentation du risque de développer de nombreuses maladies.
Autre risque majeur : les violences ou agressions sexuelles commises pendant les alcoolisations. Enfin, l’alcool peut entraîner une dépendance. Je voudrais en conclusion inciter les jeunes à faire preuve de vigilance les uns envers les autres. De toute façon, la consommation d’alcool n’a jamais guéri un mal de vivre. »
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