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La violence à l’école
Comment est abordé le problème à la Fondation d'Auteuil ?
02/03/10

on_en_parle.jpgLa violence à l’école refait la Une de l’actualité après les agressions d’élèves en février, à Thiais, Stains et Vitry-sur-Seine. En janvier, au Kremlin-Bicêtre, un lycéen de 18 ans était mort poignardé.

Pour y faire face, le Gouvernement a prévu un plan de lutte contre les intrusions, voté le 11 février par le Parlement. Il a également mis en place des équipes mobiles de sécurité, une formation des chefs d’établissements à la gestion de crise, une réflexion sur l’amélioration des sanctions, il encourage les mesures d’éducation pour responsabiliser collégiens et lycéens… Enfin, il annonce la tenue d’Etats généraux de la sécurité à l’école, en avril.

De leur côté, les enseignants demandent surtout plus d’encadrement, face aux réductions d’effectifs à l’Education nationale… La question n’est pourtant pas nouvelle. Depuis plus de vingt ans, une dizaine de plans gouvernementaux se sont succédés.


> Comment traite-t-on le problème de la violence à la Fondation d’Auteuil ?
Réponse de Patrick Scauflaire, directeur général adjoint en charge de l’activité.


La Fondation d’Auteuil n’est pas un cocon ! Les jeunes qu’elle accueille viennent bien souvent de banlieues et d’agglomérations où ils peuvent connaître la violence. Nos établissements y sont confrontés. La plupart du temps, il s’agit d’incivilités type violences verbales ou bousculades. Les violences plus graves sont rares. Les coups et blessures concernent très majoritairement les jeunes entre eux, dans les MECS (Maison d’enfants à caractère social) en particulier. Parmi les établissements de formation, les collèges sont les plus touchés, comme c’est le cas en dehors de la Fondation d’Auteuil. En 2001, nous avons créé un Observatoire des incidents et des infractions graves pour suivre l’évolution de ces phénomènes et y remédier. Les établissements sont chargés d’y renseigner tous les faits de violence.

Comment réagir ?
Les phénomènes de violence ne sont pas laissés sans réponse. Des sanctions et rappels à la règle doivent être donnés, toujours dans le respect de notre projet - offrir sa chance au jeune. Toutes les solutions sont envisagées, y compris, dans certains cas, une réorientation. Pour prévenir la violence, nous animons une démarche de médiation dans les établissements. Des formations à la gestion non violente sont proposées, des médiateurs jeunes et adultes interviennent dans beaucoup d’établissements. Nous essayons aussi de développer les capacités d’expression des jeunes - ateliers, théâtre, activités – pour qu’ils expriment leur énergie autrement que par la violence. Bien souvent, celle-ci vient d’une difficulté à exprimer ses émotions, ses frustrations, etc.

Quels sont les autres outils de la Fondation d’Auteuil ?
Le taux d’encadrement des jeunes par des adultes - enseignants et éducateurs de vie scolaire notamment - supérieur à celui de l’Éducation nationale. Le travail de toute l’équipe autour du jeune, notre projet impliquant sa prise en charge globale. La relecture de pratiques que nous souhaitons développer. Elle permet aux enseignants et aux éducateurs une réflexion “à froid” par rapport à tel ou tel évènement. Les sanctions – partie intégrante de l’éducation - sont prises par une commission mixte (direction, enseignants, éducateurs).

Enfin, la formation. Celle des nouveaux enseignants concerne leur cadre de travail et les jeunes accueillis dans nos établissements. Par la suite, les enseignants peuvent accéder à différents modules (ex : Gérer les classes difficiles). Ceci dit, malgré toutes ces actions, le travail d’enseignant et d’éducateur à la Fondation d’Auteuil reste très exigeant. C’est un investissement de toute la personne et à tous les instants.

 
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